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L'effet des pesticides sur l'homme et les abeilles

Effets des épandages de pesticides chez l’homme.

 

La France est le premier consommateur de pesticides d'Europe. Alors qu'en 2008, un plan « Ecophyto  2018 pour l’agriculture », issu du Grenelle, prévoyait une réduction de 50 % des pesticides en 10 ans, les doses ont augmenté de 20 % ces deux dernières années.

Plus d’une centaine de molécules différentes sont utilisées sur le blé ou l’orge. Le plus traité étant le colza.


Les prélèvements et analyses sur les Français révèlent que ces derniers sont beaucoup plus contaminés que les Allemands. Selon l'Institut de Veille Sanitaire, les taux de pesticides retrouvés dans le corps des français sont proches de ceux relevés aux Etats Unis. 90 % des Français sont contaminés aux organophosphorés, 80 % par les pyréthrinoïdes et les leucémies et cancers sont toujours en hausse. Il faut réduire au plus vite l'imprégnation générale de la population.

Au niveau des épandages, une réglementation existe : on ne peut pas traiter si le vent souffle à plus de 16 km/ h (3 sur l’échelle de Beaufort). Le droit civil exige aussi qu’il n’y ait aucun résidu de pesticides chez les habitants. Vous pouvez donc faire faire des analyses.

Il faut savoir que l’on observe de nombreux problèmes ORL au moment des pics de traitement, au printemps et en automne, mais aussi des effets chroniques (ces produits, souvent liposolubles, peuvent être stockés dans le cerveau ou dans certains tissus et être relargués, n’importe quand, dans l’organisme, à l’occasion d’un stress ou d’une infection bactérienne) : mémoire altérée, troubles de la concentration, de l’humeur, anxiété, obésité, diabète, puberté précoce des filles, micro-pénis chez les garçons...

En effet, une conséquence fréquente de l’exposition aux pesticides est l’effet xéno-œstrogène qui « mime » les hormones œstrogènes. Une activité œstrogènique 5 fois supérieure à la normale a pu être observée. Des doses « en-dessous des effets de seuil » peuvent être actives à cause des « effets cocktail » (on a vu que plusieurs pesticides pouvaient être utilisés simultanément sur différentes exploitations, ou stockés dans des poussières, et inhalées bien après l’épandage...).

 

Pourtant, se passer de chimie en agriculture est possible. Il suffit de développer l’ agronomie écologique. Toute commune devrait avoir à cœur d’aider ses agriculteurs, pour qu’ils pratiquent la « gestion-santé » des terres situées « au vent »  du village, afin d’éviter aux habitants de respirer sans relâche, des cocktails de pesticides.

 

Effets des pesticides sur les abeilles

En Chine, dans certaines provinces, les pesticides ont tué tous les insectes pollinisateurs. Pour assurer la récolte des fruits, des hommes passent leur journée, juchés sur des échelles, armés de pinceaux, pour polliniser une à une les fleurs d’arbres fruitiers.

 

Dès 1996, la FAO (Nations Unies) tentait d’attirer l’attention de tous les gouvernements, devant le déclin rapide des populations d’abeilles domestiques et sauvages. En effet, les avantages économiques de la pollinisation par les insectes sont énormes, évalués à 117 milliards de dollars par an.

 

Mais seule la rentabilité à court terme compte pour les agro-chimistes, qui s’emploient à entraver ou contourner les mesures de prudence. Les batailles sont épuisantes pour les petites associations qui se battent contre les géants de la chimie et sont obligées de monter des dossiers pour chaque produit litigieux : par exemple, en France, depuis des années, nous vivons la saga de l’insecticide Cruiser, dont les associations d’apiculteurs avaient réussi à faire annuler, par le Conseil d’Etat, les autorisations de vente données en 2008 et 2009 qui ne s’appuyaient sur aucune étude d’innocuité à long terme.

 

Le Cruiser est un néonicotinoïde, un neurotoxique très persistant, interdit en Allemagne et en Italie depuis longtemps. C’est un «  Systémique »  présent dans la sève, le pollen, le nectar (toute la plante est toxique). Il faut savoir que c’est avec l’apparition des systémiques, dans les années 90, qu’on a constaté les premières disparitions massives d’abeilles. Le Cruiser est utilisé entre autre, pour enrober les grains de maïs (de plus en plus de variétés n’existent qu’en version traitée). Sa matière active est très soluble dans l’eau : un seul de ces grains rend une cuve de 5000 litres d’eau impropre à la consommation. Et les exsudats des plants de maïs traité aux néonicotinoïdes contiennent 1000 fois la dose fatale à une abeille.

 

Syngenta, la firme suisse qui commercialise le Cruiser, annonçait aux agriculteurs français une protection, même en l’absence du parasite, dont, curieusement, l’invasion  imminente était soudain annoncée par de nombreuses revues agricoles : avec cet enrobage direct, plus besoin de surveiller son champ. Alors que le parasite n’est présent qu’à peu d’endroits et qu’on peut facilement empêcher sa venue par des mesures préventives simples et peu coûteuses, aération des sols, tourteaux de ricin, PH suffisant...

 

Sentant venir la décision du Conseil d’Etat, le puissant agro-chimiste avait utilisé un artifice pour prolonger la vente de son produit. Il l’avait rebaptisé Cruiser "350" et le ministre B. Lemaire l’avait autorisé pour 2011, avec la même molécule active. Le Conseil d’Etat se prononcerait donc sur ce " nouveau produit"  plus tard, à l’occasion d’une nouvelle procédure. Puis, quand en 2012, le nouveau ministre de l’agriculture S. Le Foll a interdit les semences de colza utilisant un « Cruiser OSR », trois jours plus tard, l’agrochimiste Syngenta déclarait son intention de contester cette interdiction.

 

COMMENT LES ÉTUDES SUR LES ABEILLES SONT- ELLES MENÉES ?

 

Il faut savoir qu’on étudie chaque produit indépendamment des autres « phytosanitaires » (qui sont utilisés à la même période ou qui persistent dans le sol). Les effets croisés (effets toxiques en synergie) ne sont jamais étudiés. Pourtant, durant sa vie, l’abeille sera exposée aux différents herbicides, fongicides, insecticides, choisis par les agriculteurs alentours. En effet, si l’abeille ne se déplace que dans un rayon de 3 Km autour de sa ruche, le vent apporte des poussières chargées en diverses matières actives. L’INRA a comptabilisé jusqu’à 31 % de différents pesticides dans un seul échantillon de pollen. D’ailleurs, l’homme connaît aussi les effets de ces poussières : à l’automne et au printemps, périodes d’épandages intensifs de pesticides, nombreux sont ceux qui souffrent de ce qu’on appelle pudiquement "dépression saisonnière".

 

En outre, dans les dossiers soumis à l’approbation de la Commission Européenne, seule la toxicité aigüe est mesurée sur l’abeille. On n’étudie pas les effets chroniques, dus à une absorption journalière de pollens contaminés. Pourtant, la toxicité chronique peut être extrême. Celle du Fipronil, substance active du Régent, (insecticide suspendu en 1999) était 473 fois plus forte que la toxicité aigüe. Les abeilles mettaient simplement une dizaine de jours à mourir.

 

Les effets  sub-létaux - n’entraînant pas la mort - comme, par exemple, la désorientation (l’abeille ne retrouve plus la ruche car son système nerveux est endommagé) ne sont pas étudiés correctement : la plupart des essais sont réalisés en tunnels artificiels.

Par ailleurs, les pressions des lobbies sont si fortes que la Commission Européenne, qui avait interdit le Gaucho (7000 fois plus toxique que le DDT) en 1999, a autorisé l’Imidaclopride (sa matière active) sur les betteraves sucrières, les fruitiers... On en retrouve jusque dans les plantes sauvages. La notice de Bayer, qui le commercialise, vante ainsi l’action de son insecticide sur d’autres insectes sociaux : à  de faibles doses, l’Imidaclopride désoriente les insectes et interfère dans leur comportement social, ce qui contribue à leur mort.

 

Des tests sur les couvains d’abeilles sont bien effectués. Mais un produit est accepté... s’il ne fait mourir « que » 30 % des larves.

 

A cela s’ajoute un autre problème : les cultures intensives occupent de très grandes surfaces. Une fois récoltées, les pollinisateurs n’ont plus rien à manger, et meurent... de faim ! D’autant que le souci incessant de "propreté " des collectivités locales entraîne la fauche à ras des bas-côtés des routes, derniers endroits fleuris où ils pouvaient butiner. Alors qu’un seul mètre « non fauché » en été, le long de toutes les routes de France, équivaut à la surface actuelle de nos parcs naturels...

 

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