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Les dangers de l'agriculture intensive

Pourquoi doit-on prendre des mesures contraignantes pour se protéger des pesticides de l’agriculture intensive ?

  • Il y a 10 ans, la réduction d’utilisation des pesticides en France a été laissée au bon vouloir des agriculteurs. Les contribuables ont financé, à hauteur de 360 millions d’euros, un plan "Ecophyto" pour faire de la pédagogie. L’objectif d’Ecophyto était de réduire les pesticides de 50 % en 10 ans. Bien au contraire, en 2018, l’utilisation de pesticides a augmenté de 15 à 20 %.

  • En France, en moyenne, 20 pesticides d’origine agricole sont retrouvés dans les poussières à l’intérieur de nos maisons. Nous respirons 15 000 litres d’air par jour. (Générations futures)

    L’incidence des cancers ne cesse d’augmenter : il y a plus de 1000 nouveaux cas de cancers par jour en France. Les maires de certaines communes rurales se plaignent que presqu’un foyer sur 2 soit touché par le cancer, dans les quartiers à proximité des champs.

  • Il y a 20 ans, l’Université de Strasbourg publiait une étude prouvant qu’on absorbe 10 fois plus de pesticides par l’air que par ingestion alimentaire. Mais quand les scientifiques réclament l’arrêt d’un pesticide particulièrement dangereux, comme le SDHI (pulvérisé sur l’orge et le blé, 2 cultures qui environnent nos villages), ce fongicide pénètrant également au cœur des cellules des mammifères, qu’il asphyxie et rend cancéreuses (Favier INSERM), la réponse de l’ANSES porte non sur l’inhalation mais sur l’ingestion : "le taux de résidus de SDHI dans les aliments est aux normes ".

  • La France est le plus gros consommateur de pesticides européen (de plus, les "enrobés", les semences traitées avant semis, - un seul grain de maïs enrobé peut rendre impropre à la consommation une cuve de 5000 litres d’eau – ne sont pas comptabilisés).

  • Seules 5 % des matières actives mises sur le marché depuis 1945 ont fait l’objet de tests de toxici-té (Ministère de l’agriculture).

  • L’agriculture est la cause première de la dégradation des eaux en France (Rapport OCDE 2012). On retrouve de 30 à 80 perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface. La moitié des pesticides sont des perturbateurs endocriniens qui dérèglent les hormones : 2 rivières sur 3 en France contiennent des poissons et des batraciens aux organes aberrants, ou qui changent de sexe.

  • Le Grenelle de l’Environnement avait listé comme prioritaires 56 % des captages d’eau français, gravement pollués aux pesticides et aux nitrates. Ces captages n’ont toujours pas fait l’objet de mesures d’éradication des pesticides ou des nitrates. Pourquoi ? Les agriculteurs (qu’on espérait former) ne se sont pas déplacés aux réunions organisées par les maires (les maires sont responsables de la qualité des eaux de captage).

  • Pire, les "plages" de 5 m sans traitements au bord des cours d’eau, ont été contestées par le syndi-cat agricole dominant qui a eu gain de cause. Résultat : les petits cours d’eau ne sont plus concer-nés par cette précaution, alors que ce sont les derniers viviers de biodiversité. Des préfets inféodés aux lobbies agricoles, ont même été jusqu’à déclasser les ruisseaux et les effacer des cartes IGN.

  • Dans les sols, les pesticides peuvent rester à l’état particulaire en hiver et passer à l’état semi-gazeux en été, car les molécules sont persistantes d’une année sur l’autre (malgré le Règlement Européen qui interdit les produits encore actifs au bout de 120 jours). C’est un passage direct dans le sang - pas de "digestion", pas de "foie" qui épure un peu -. Pour que nos barrières physiologiques soient respectées, il faudrait... des masques à gaz (association RESPIRE).

  • Près de la moitié des pesticides sont des perturbateurs endocriniens (PE), c’est à dire qu’ils perturbent les hormones qui gèrent l’équilibre de nos corps. Notre système hormonal est 10 000 fois plus sensible que le système nerveux. Nos hormones peuvent être activées ou inhibées par de très faibles doses de produits. Les répercussions et les symptômes ne sont pas monotones (les effets sont différents selon les individus impactés, leur âge, leur sexe, leur mode de vie). Les femmes (à la peau beaucoup plus fine et au système hormonal plus complexe) ainsi que les enfants, sont beaucoup plus sensibles aux PE que les hommes (Alerte Médecins Pesticides).

  • Une fille, exposée aux pesticides in utero a 4 fois plus de chances de développer un cancer du sein à l’âge adulte. On peut l’affirmer aujourd’hui car on a maintenant 50 ans de recul d’exposition (pendant lesquels la population a servi de cobaye). Quand on habite une commune rurale ou semi-rurale, il faudrait déménager pendant les 9 mois de grossesse (Alerte médecins pesticides).

  • Un riverain n’est pas protégé par "un scaphandre et un masque" comme un agriculteur. Mais il est exposé, comme l’agriculteur, à 900 produits chimiques agricoles différents dont 120 perturbent la thyroïde, ce qui détraque tout le système immunitaire (Association Phyto Victimes).

  • Le droit des riverains " de savoir ce à quoi ils sont exposés " est reconnu par la Cour Européenne de Justice. En pratique, c’est plus compliqué : lorsqu’un maire demande à un agriculteur de le prévenir par SMS au moment des épandages pour avertir la population, c’est souvent le refus.

  • On a ajouté aux pesticides des nanoparticules. Les nanoparticules sont si fines qu’elles ne s’arrêtent pas aux bronches mais pénètrent directement dans le sang par les alvéoles pulmonaires. Les mécanismes de clairance (le temps que mettent nos corps pour se débarrasser des substances étrangères) sont de 700 jours (2 ans !) pour des micro-particules, et sont jusqu’à 100 fois moins efficaces pour les nanoparticules (qu’on peut garder à vie). (source : Veille nanos et ADEME).

  • En 2013, les fabricants de pesticides ont obtenu que la déclaration obligatoire de présence de nanoparticules dans les pesticides et engrais demandée par la loi ne soit pas applicable aux distributeurs de pesticides (ceux qui vendent les produits directement aux agriculteurs). De cette façon, les agriculteurs ne connaissent pas la dangerosité accrue des produits qu’ils épandent. Ils expliquent avec assurance que l’IFT (l’Indice de Fréquence des Traitements) est réduit, alors qu’ils projettent dans l’air que nous respirons des molécules infiniment plus dangereuses.

    Des agriculteurs se plaignent de devoir "payer du désherbant" pour éradiquer les plantes couvre- sols (semis imposés par le respect de l’environnement pour que les sols ne restent pas nus entre 2 cultures et résistent à l’érosion), alors qu’ils peuvent choisir des variétés de plantes enfouissables.

  • Le "joli colza jaune" est la "grande culture" la plus traitée.

  • Au nom de la "recherche et développement", des firmes, françaises ou étrangères, peuvent tester sur simple "déclaration"et dans n’importe quel champ de l’hexagone, des pesticides expérimentaux, sans en informer les communes concernées. La population est alors sciemment utilisée comme cobaye.(Arrêté du 9 février 2016 Code rural Article D 253-32)

  • Des agriculteurs qui n’habitent pas sur place mélangent dans la même cuve plusieurs produits insecticides, fongicides etc (ce qui est interdit) pour passer moins souvent .

  • L’étude "AGRICAN", qui affirmait que les agriculteurs n’avaient pas plus de cancers que les autres français, a été biaisée, car menée sur une cohorte... d’affiliés à la MSA dont 44 % n’avaient jamais séjourné à proximité d’un champ (des employés du Crédit Agricole, de la MSA...). Depuis que la supercherie a été découverte, l’étude a été revue et montre l’inverse. (MSA)

Ces données nous alertent sur le peu de fiabilité des acteurs de l’agriculture intensive qui nous bernent depuis des années. A cet égard, voir l'analyse d'une "charte de bon voisinage proposée par la FNSEA" (où l’on se rend compte que les habitants sont pris pour des imbéciles) sur le site RAGSTER.org. Il faut se rendre à l'évidence, le "bon vouloir" ne marche pas. Ne commettons pas, à nouveau, l'erreur de faire confiance.

C’est à l’Etat d’instaurer des DEP (Distances d’Eloignement des Pesticides) d’au moins 150 m en grande culture, contraignantes, comportant des sanctions, protégeant réellement tous les lieux de vie, en se basant non pas seulement sur la "dérive"... des gouttes de produit, mais bien sur la volatilisation et la post-volatilisation des pesticides; en n’écoutant pas ceux qui pleurent à l’agri-bashing (alors qu’on leur demande juste de cultiver ces zones de DEP avec des produits moins dangereux !), mais bien plutôt les habitants... qui gèrent... en silence, leurs cancers. C’est d’ailleurs la conclusion récente du Conseil d’Etat : l’Etat doit protéger les riverains. Et si des maires avisés anticipent, en prenant des arrêtés de protection communaux demandant 150 m de DEP, ils ouvrent la voie... et c’est tant mieux ! (Voir l'arrêté pris par le maire de Langouët sur le site de la mairie de Langouët en Bretagne)