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L'impact du dérèglement climatique

Les travaux du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) sont clairs : le dérèglement climatique observé actuellement sur notre planète est bien dû à l'activité humaine.

L'augmentation des catastrophes climatiques est quantifiée par les constats des assureurs : canicules, ouragans, inondations, incendies gigantesques dus au dessèchement des arbres, fonte des glaces, pertes de récoltes, ont considérablement augmenté ces dernières années.

On possède des données sur 1000 ans grâce aux carottes glacières, aux cernes des arbres, aux coraux : la dernière décennie est la plus chaude jamais enregistrée.

Le croquis ci-dessous concerne la France métropolitaine de 1900 à 2013. On peut constater qu'à partir des années 90, le doute n'est plus permis.

 

graphique réchauffement climatique

 

Graphique : Rapport de la Direction générale Energie Climat   Aout 2014 : Le climat de la France au 21ème siècle

Pourtant, on doit faire face aux dénégations massives de ceux qui refusent de prendre des décisions impopulaires.

Les climato-sceptiques, payés par les lobbies qui luttent pour qu'aucune réglementation ne nuise à leurs intérêts, clament : "des réchauffements, il y en a eu auparavant, et l'homme n'y était pour rien".

Il faut donc préciser ceci

A l'heure actuelle, le problème majeur, c'est la vitesse du réchauffement : + 4 °, la dernière fois, ça a pris 5000 ans. Là, + 4 °, c'est en 100 ans.

Les facteurs naturels ne permettent pas d'expliquer l'ampleur, les caractéristiques et la rapidité des changements climatiques actuels.

Si l'activité volcanique émet effectivement 500 millions de tonnes de CO2 par an, les activités humaines en une année s'élèvent à 35 milliards de tonnes.

L'accélération est énorme : les problèmes ne sont pas homothétiques, ils sont exponentiels. Toutes les personnes qui ont dégivré un frigo le savent : au début, la glace, prise en un seul bloc fond très lentement, puis des fragment de glace se détachent, ils fondent sur toutes leurs faces et tout se termine très vite.

Les effets se cumulent. La neige et la glace qui réfléchissent normalement 90 % du rayonnement solaire sous forme de lumière à cause de leur couleur blanche, fondent beaucoup plus vite car la pollution leur donne une couleur grise.

Les activités humaines de plus en plus impactantes méprisent les biens communs que sont l'air, l'eau, la biodiversité, la santé : transports, agriculture "conventionnelle", usines polluantes conservées au nom de la prospérité nationale, refus de taxes carbone vraiment contraignantes... Nous construisons du PIB en détruisant notre planète. Nous modifions la structure chimique de son athmoshère unique, l'exception qui rend notre vie sur Terre possible.

Et les Etats, trop faibles pour prendre des décisions courageuses et faire du préventif (premièrement "ne pas nuire!", se tournent vers les firmes qui leur font miroiter un  hypothétique "curatif". Ils subventionnent les technosciences,  considérés comme les seuls outils légitimes pour remédier aux problèmes (malgré la conscience qu'on a de leurs dangers).

Pourtant, notre survie est un défi qui dépasse les intérêts particuliers des nations. Nous avons besoin d'outils législatifs nouveaux et d'outils nouveaux d'application de ces lois. Le cadre législatif actuel, pays par pays est obsolète. Il est urgent d'écrire un droit international qui prenne en main le climat mondial. Il faut créer une gouvernance internationale pour l'Environnement, ambitieuse, inventive, une vraie vision pour l'avenir, développer une "culture de l'impact", mettre l'Eco-responsabilité au cœur de chaque décision.

Pour l'instant, les décisions prises lors des différents "Sommets" n'ont pas été suivies d'effets car elles n'étaient pas contraignantes. A Rio + 20, on n'avait même pas invité les scientifiques. Pourtant,  quand on sait se mettre d'accord, les résultats sont au rendez-vous : le protocole de Montréal, adopté en 1987 par la communauté internationale pour protéger la couche d'ozone stratosphérique commence à faire sentir ses effets : on avait alors su interdire les composés bromés et chlorés responsables du trou dans la couche d'ozone. Celui-ci s'est stabilisé en 2000.

Mais la plupart du temps, on s'est contenté de vœux pieux, et les entreprises ont surtout pratiqué le "verdissement d'image", surfant sur les attentes des consommateurs. On invente des labels, on communique avec talent… N'a-t-on pas accordé le label PEPC  à des arbres plantés à la place de forêts primaires détruites au Napalm ? La Commission européenne, (qui ne recule devant aucune contradiction - n'avait-elle pas nommé un pétrolier comme commissaire au climat- ?), négocie dans l'ombre des Traités de grands marchés avec d'autres continents. Pour apaiser les européens, les projets prévoient de respecter les lois sur l'Environnement des pays Européens... "sauf dans certains cas". Cet ajout est la porte ouverte à tous les abus. Au lieu d'encadrer fermement ces marchés, force est de constater que ce sont les lobbies qui rédigent les textes. Et se réservent ainsi la possibilité de balayer toute réglementation de Santé publique ou Environnementale érigée par les pays plus prudents, à qui ils veulent vendre leurs produits peu ou pas testés. Par exemple, il jugent pusillanime et parfaitement "inutile" notre Principe de précaution, fleuron de notre Constitution.

Que va-t-il se passer ?

Si l'on s'en tient à des mesures non contraignantes, que va-t-il se passer ?

La survie de nos enfants sera en jeu : car on en arrivera très vite à se battre pour de l'eau potable. En effet, sous l'effet de la chaleur, les océans se dilatent, s'acidifient, augmentent de volume, et rendent saumâtre les ressources d'eau douce.

Les maladies sévissant pour l'instant sous les tropiques arriveront au nord.

Les glaciers vont fondre de plus en plus vite, la banquise arctique a diminuée en épaisseur de 36 % en 10 ans l'été, et de moitié en surface depuis 1900.

Le permafrost, en dégelant, libérera d'énormes quantités de méthane, gaz à effet de serre beaucoup plus réchauffant que le CO 2.

Des nanopesticides, formulés pour être de plus en plus pénétrants dans les cellules des plantes (et pénétrant directement nos cerveaux après inhalation),  seront utilisés de plus en plus intensément pour palier les attaques de champignons et d'insectes inédits, dus au changements climatiques. N'oublions pas que 12 000 litres d'air par jour passent dans nos poumons. Que c'est par l'inhalation que se fait 80 % de notre imprégnation aux pesticides. Que la pollution atmosphérique vient d'être classée par le CIRC cancérigène certain.

Au lieu de préserver la biodiversité agricole dans les champs, seule capable de s'adapter aux changements climatiques, on créera des OGM, des chimères génétiques, résistantes à la saumure, à la sécheresse, intégrant les pesticides etc..., sans se préoccuper de savoir s'ils seront compatibles avec nos systèmes digestifs.

La fréquence des catastrophes naturelles augmentera. Des vents à 300 km/h naissant de la hausse de température des océans feront partie de notre quotidien. En France, on risque de se retrouver dès à présent avec des vents similaires à ceux du Danemark et il vaut mieux se mettre à planter de petits arbres trapus à croissance lente : profitant de l'humidité des étés chauds, les grands arbres feront de trop grandes pousses ; et le bois gorgé d'eau étant de moins bonne qualité, ces branches casseront sous les vents violents d'hiver.

Bien sûr, les choix actuels doivent être faits par des dirigeants qui ne seront plus là dans 20 ans. Et il est tellement facile de ne pas mécontenter les lobbies, de penser à sa réélection immédiate ...

Les jeunes s'en rendent compte. Le 21 septembre 2014, partout dans le monde, ils sont descendus dans la rue "marcher pour le climat", et demander à ces dirigeants d'avoir du courage politique. Le 16 mars 2019, ils étaient beaucoup plus nombreux à réclamer des décisions pour leur avenir aux décideurs en place. Les hommes d'Etat, les chefs d'entreprise qui prendront des décisions fortes resteront dans les mémoires pour avoir su faire transiter nos sociétés vers des modes de vie durables. S'ils choisissent cette voie, ils verront que c'est sans doute plus difficile, mais aussi beaucoup plus exaltant, de jouer à qui sera le plus intègre, le plus respectueux de la vie sur terre, le plus ingénieux pour y parvenir. Plutôt que de jouer à celui qui sera le plus astucieux pour tourner les règles, le plus pollueur, le plus gros pourvoyeurs de dividendes à ses actionnaires. Le sort a voulu que ces hommes et ces femmes soient à cette place, que cette responsabilité leur incombe : ils ont la chance de jouer cette partie.

Qu'ils soient pénétrés de leur Eco-responsabilité !

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